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lundi 17 décembre 2007

Fete des Lumières (Partie II).

Ceux parmi vous qui ont lu la première partie de mon récit, se souviennent que nous nous sommes quittés sur la place de République. On se dirige maintenant vers la Place de la Bourse. Et qui dit "la bourse", dit "l'argent". Qui dit "l'argent", dit "l'or". Se jouant des significations du mot "bourse" et de ses connotations commerciales, de multiples feuilles d'or investissent les lieux. La Place de la Bourse prend tout naturellement une tournure... dorée sur tranche, c'est une "Place en or". Le mobilier urbain se pare d'habits précieux, évoquant avec humour les fastes de la richesse et offrant un bel esprit de fete. Tout y passe: bancs, troncs d'arbres et pots de buis. La lumière naturelle interagit avec l'utilisation de ces matériaux réfléchissants provoquant un effet très classe! Après une petite pause on continue pour arriver sur la Place Antoine Rivoire devant l'église Saint Nizier. Je peux vous dire, que parmi tout ce que j'ai vu c'est mon vrai coup de coeur : "Régénération" Naturelle". Le temps de la fete, la place reprend son caractère végétal originel. Jadis, en effet, la Presqu'ile n'était que marécage et lones, à la flore particulièrement riche et variée. La confluence entre le Rhone et la Saone s'est vue repoussée petit à petit au Sud, laissant place à l'urbanisme actuel. Dans l'intimité de la place, nous nous retrouvons dans un jardin lumineux et mystérieux. Le platane majestueux qui couvre et protège ce lieu depuis de nombreuses années est magnifié par la lumière. Son feuillage inonde l'espace et se projette sur les façades environnantes. Symboles de vie, l'arbre et la nature envahissent l'espace, apaisant l'aspect trop minéral de la cité. Accompagnées de la musique, les saisons changent. Des animaux fantastiques, fossilisés sur les édifices religieux, s'invitent à la fete et surprennent les flaneurs, comme nous. Je voudrais bien rester encore un moment, mais une pluie nous oblige à partir. Juste 300 mètres, de l'autre coté de l'église, sur la Place Saint Nizier nous décidons de regerder ce que c'est "Tanabata" à la lyonnaise. Pour ceux qui n'en on jamais entendu parler, la fete populaire "Tanabata", inspirée de la tradition bouddhiste et célébrée en Chine et au Japon, est aussi appelée "fete des étoiles". Elle commémore la réunion une fois par an de deux etres aimés, séparés par la voix lactée. A cette occasion, la population habille les arbres (principalement des bambous) de bandelettes de papier sur lesquelles elle formule des voeux. J'ai trouvé l'idée très belle, un mélange des cultures qui porte un joli message: celui de l'ouverture des peuples et des cultures, mais "l'oeuvre" (je précise, à mon point de vue subjectif) est un échec. Ici, l'équipe artistique a choisi de s'inscrire dans un contexte occidental en remplaçant les bambous par un arbre bien de "chez nous". On a découvert "un truc" insignifiant, pas du tout mis en valeur... Heureusement, nous avons gardé le meilleur pour la fin.... Mais non, je plaisante, ce n'est pas encore la fin. C'est juste que nous arrivons dans le coeur battant de la Fete des Lumières, la Place Terreaux, qui est dominée par une forme sphérique de quatre mètres de diamètre: un kaléidoscope géant devant l'Hotel de ville!Tels des vitraux, ses plus de 300 facettes, marquent le sol et les façades d'une myriade de couleurs. Lorsque les projecteurs éclairent le globe, les mélanges se font et se défont sur 360°, en fonction des angles d'entrée et de sortie de la lumière dans la sphère. La rotation de l'émisphère, qui s'illumine également de l'intérieur, crée le mouvement éternel d'une multitude de couleurs au sol comme sur les murs et la magnifique fontaine. Des effets sonores évoquant notamment les mouvements rotatifs sont diffusés en direct par un designer sonore. Nous avons plongé dans ce bain de lumière et de sons, et ça a été mon deuxième coup de coeur. Nous avançons vers l'Opéra, on arrive sur la Place Louis-Pradel. On reste bouche-bée en contemplant le spectacle "Les pecheurs d'étoiles". Trois cabanes de pecheurs ont atteri sur la Presqu'ile: quelle drole idée! Des pecheurs sur la place? Espère-t-on attraper les étoiles de l'Opéra? Que de féerie! Imaginez: des pecheurs sur la voie lactée; ils lancent leurs filets pour attraper des poussières lumineuses, des étoiles qui luisent sur les façades de la place. Leurs filets débordent des fruits de lumière. Alors, ils recommencent et, inlassablement, jettent ainsi leurs résilles lumineuses toute la nuit. Nous continuons notre chemin, il n'y a pas de temps à perdre. En marchant, on apprécie des expérimentations étudiantes. Au bas des pentes de la Croix-Rousse, place aux idées lumineuses. Plus loin, dans l'amphithéatre des Trois-Gaules, 25 dées crées à l'aide de palettes et de film étirable transparent s'amoncèlent sur la scène. Chacun est éclairé d'une ampoule. Cette "oeuvre" éphémère, qui tente de reproduire l'esthétique de la glace, crée un décalage entre l'apparence légère et diamantine de l'installation et sa réalisation, en matériaux bruts, empruntés au milieu industriel. Juste à coté, une installation poétique prend possession du Jardin des plantes. Une installation d'inspiration végétale, puisque "Cocons tiges" sont des fleurs géantes improbable, des fleurs d'hiver, des cocons de soie, de la ouate, de la douceur. C'est une interprétation de la nature et de son observation réalisée en bambou, osier et papier. Pas de lumière vive ici, mais un moment tout en pudeur. La lumière, telle une luciole, veille sur les arbres et ses habitants; telle un ressac dans les vagues, elle ondule. Un sentiment d'intimité flotte dans l'air... Naissante, fragile, subtile, la lumière accueille et guide le public.... vers la montée de la grande-cote pour.... encore un retour à la nature. La nuit venue, dans la partie haute de la montée, qui s'ouvre et belvédère à l'aplomb des jardins aménagés en terrasses, un verger de lumière semble recouvrir l'espace pour rappeler symboliquement son activité passée (c'était un chemin de campagne menant à des terrains agricoles et des vignes). Dans le "Verger d'Antan", les alignements d'arbres longeant les allées se transforment en rang de vignes, les arbres se couvrent de grappes lumineuses de boules rouges pour donner une vision enchanteresse du jardin. En ce moment la chanson d'Henri Salvador m'est venue en tete: "Je voudrais de la lumière, Comme en Nouvelle Angleterre Je veux changer d'atmosphère Dans mon jardin d'hiver". Et bien, nous aussi, meme si l'atmosphère a été superbe et très festive, on a été obligé de "changer d'atmosphère" en nous dirigeant vers l'Italie. Mais nous avons beaucoup aimé Lyon et on voudrait découvrir cette ville si riche en architecture en été. Car sur notre route de retour on a eu notre "dose d'hiver"... Les voyages d'été sont quand-meme moins compliqués, rireee.