Le 31 mars en Italie s'est terminé la semaine de la culture.Nous en avons profité pour visiter un endroit que l'on ne connaissaitpas: Gressonnay-St-Jean. C'est à la présence de MargueritedeSavoie, épouse de HumbertIeret Reine d'Italie, qu'est du le développementtouristique de ce village. Venue pour la première fois sur invitation dubaronLuigiBeck-Peccoz et hébergée dans sa villa en 1889, la souveraine est tombéamoureuse de cet endroit et a décidé d'y construire un château.La villa deLuigiBeck-Peccoz fit construite en 1883, et c'est là qu'allait séjourner MargueritedeSavoie de 1889 à 1904 chaque année revenant à Gressoney pendant les mois d'été, en attendant que son propre chateau soit fini. (Actuellement, cette villa s'appelle"VillaMargherita" en samémoire et, acquise en 1968 par la Commune de Gressoney-Saint-Jean,devint le siège de la Municipalité, des bureaux de la Poste et de l'Agencepour la promotion touristique.)La Villa Margherita, frappe surtout pour legrand nombre de flèches, frontons, balustrades et puissants balcons en granitgris.Les deux portails principaux sont construits en bois de rouvremassif et ilprésentent des grilles artistiquement forgées.Près de la villa il y a une coupole en pierre qui autrefois servait de glacière.Les excursions en montagne et les promenades étaientpour la Reine un véritable délassement après le rigide protocole de la Cour. Mémorable son ascension à la Pointe Gnifettiau mois d'août 1893, au cours delaquellela comité royale passa lanuit à la cabane-observatoire qui avait été construite en 1892 en honneur dela souveraine. En 1894, l'ami de la Reine le baron LuigiBeck-Peccoz estmort dans ses bras, emporté par un infarctus sur le glacierdeGrenz, pendantla traversée de Gressoney à Zermatt. A partir de ce momentla Reine ne voulut plus escalader les sommets duMont-Rose et elle se limita à faire des promenades dans les alentours de Gressoney,où elle futchaleureusement accueillie par la population locale. Pendant ses séjour à Gressoney, jusqu'en 1925, la Reine aimait àrevêtir le costume populaire local,qui évolua, sur son exemple, vers la forme actuelle.Grâce à d’anciens témoignageset à des photos, on a appris qu’autrefois lecostume féminin était le vêtementde tous les jours, queles femmes portaientdonc même pour travailler. Le costume pourles jours de fête était confectionné avec de l’étoffeprécieuse, dont la couleur était noire ou violette foncée.L’ancien costume était plus court et moins riche que celui de nos jours et lesfemmes portaient aussi un chapeau de feutre épais aux bords très larges. À ce chapeau beaucoup d’entre elles préféraient cependant unfoulard noué derrière la nuque.Aucours des années les habitants de Gressoney choisirent de plus en plus un habillement commun à toutle monde. C’est ainsi que le costume avecsa coiffe en filigrane d’or, enrichie par des pierres précieuses, devint le plus beau vêtement réservé aux occasions spéciales. Le costume dedrap rouge écarlate avec les ornements en or est le vêtement que les femmes portent pendant les fêtes solennelles et les jours particulièrement importants. En outre, il y a un costume violet qu’onappelle"le costume de deuil". Ses ornements sont en argent, au lieu d’être en or. Mais revenons à nos moutons... La première pierre du châteaufut solennellement posé le 24 aout 1899. Assassiné àMonza une année plus tard, le Roi HumbertIer n'eut pas le temps pour voir la fin des travaux qui ne se terminèrent qu'en 1904. Pour la demeure royale de Gressoney, l'architecte EmilioStramucci, à qui sont dues aussi les décorations néo-baroques du Palais RoyaledeTurin et Quirinale àRome, projeta un chateau en style médiéval, décrit dans les guides de l'époque comme en "style lombard du XVèmesiècle, fort en usage dans le Midi de la France et en Savoie, berceau des souverains régnants". Enfoui dans laverdure du parc qui l'entoure, le bâtimentévoque unmanoir fourni de tours qu'égaient de nombreuses fenetres et une véranda à demi circulaire qui englobe la vue de toute la vallée. Malheureusement, en ce moment lechâteauest en restauration, et on ne peut pas le voir convenablement de tous les cotés. Nous avons fait ce qu'on a pu. Par contre, je ne peux pas vous montrer l'intérieur du château qui est très bien conservé et magnifique. Il est interdit en Italiede prendre des photos à l'intérieur des châteaux et certains musées. Tout compte fait, je préfère cela, à la réglementation de Versaille ( où il est permis prendre des photos mais sans flash). Je peux vous dire seulement que toute la décoration est en hommage à la Muse inspiratrice, évoquée un peu partoutpar la fleur éponyme et par les initiales. Et je suis sure que si un jour vous vous yrendez, vous apprécierez les plafonds à caissons, les boiseries, l'escalier et l'ameublement d'inspiration médiévale. A part le château, à quelques mètres de la "Villa Margherita" se trouve un autre bijou apparu àGressoneygrâce à la volonté du baron LuigiBeck-Peccoz (descendant de l'homonyme noble famille "walser"), le Musée Régional de la faune Alpine. Dès l'entrée vous etes scotché par la beauté des plafonds et la richesse des pièces de collection.Son grand-père, JohannChristopheBeck (1749-1818), appartenant à une lignée des chasseurs passionnés, avait été frappé par la variété des cornes qu'il avait pu observer lors de ses voyages au-delà des Alpes, d'abord pour ses affaires et ensuite en tant que responsable d'un secteur d'approvisionnement de l'armée de Napoléon. Ainsi à chaque occasion, il se procurait des cornes qui, selon lui, présentaient quelques caractéristiques particulières, subissant inconsciemment la tendanceilluministe du temps de regrouper et de cataloguer les anomalies de la nature. C'est à lui que l'ondoit l'origine des premièreset des plus anciennes pièces de la collection. Ensuite, son fils JosepheAnton (1808-1878) avait magnifiquement complété la collection, stimulé en partiepar la mode des grandes familles bavaroises qui ornaient leurs palais de cornes extraordinaires,mode qui se transforma en compétition et dont il fut le vainqueur; c'est pour cette raison que lorsque le roi Louis Ier de Bavière lui attribua son titre de noblesse, celui-ci consentit à ce qu'un cerf fut représenté sur le blason de famille(comme celui-ci, au plafond d'une des salles du musée),substitué par la suite par un bouquetin sous Charles Albert au moment de la reconnaissance du titre dans le royaume du Piémont. Dans son testament daté du11 février 1882, le fils, LuigiBeck-Peccoz écrivait ceci: "Je veux que la collection de trophées qui se trouve àAusburg et que j'ai hérité de mon père soit transportée à Gressoney et installée dansun édifice spécialement construit à cet effet. La collection devraêtre complétée et augmentée autant que possible. Pour l'exécution de ma disposition je destine un capital de 40.000 marks allemands". Ses frères, les exécuteurs testamentaires, firent construire au début du XXème siècle le voulu musée. A l'intérieur du bâtiment, dans des salles décorées par des fresquesde style allemand, son neveu EgonBeck-Peccoz, réunit et exposa cette riche et rare collection. Elle était composée des trophées de chasse, d'armes anciennes ainsi que d'autres précieux souvenirs de famille:portraits, tableaux,objets de décoration, meubles, livres et publications sur la fauneet la flore alpine. La collection fut inaugurée le 2 août 1913 à la présence de la Reine Marguerite de Savoie qui signa la première le livre des visiteurs. La collection d'environ 2000pièces (cornes et bois montés sur des écus) est constituée de chamois, bouquetins, chevreuils et d'autres trophées de la faune indigène et exotique.La qualité des trophées et les exemples curieux de malformations de différentes nature donnent à la collection une importance historique et scientifique significative. Le rez-de-chaussée est composé de 4 salles dédiées à la systématiques, à l'anatomie, à la morphologie et à la biologie des vertébrés de montagne. Au premier étage du musée se trouve une armurerie petite mais digne d'intérêt. Une collection de 90 pièces comprenant des armes longues, courtes, à feu et militaires est exposée dans de belles vitrines d'époque. Les fusils de chasse se chargeant par la bouche et par la culasse sont particulièrement intéressants. Dans la plupart des cas il s'agit d'armes combinées à balles, à plomb, drilling, billing et superposés. Les fusils de chasse exposés sont dotés de mécanisme sophistiqués, leur canon est en fin damas et le bois de crosse est en racine de noyer. Des scènes de véneries sont finement gravées sur les bascules et les plates. Ces fusils, ainsi que d'autres objets en parfait état, sont des pièces uniques dont les Barons Beck-Peccoz se sont servis durant leurs chasses du début du XIXème siècle au début du XXème siècle.
Je suis un point à la fin,une virgule qui bascule un trait d'union entre oui et non,une parenthèse entre 2 chaises, un point d'interrogation avant la question, et trop souvent en admiration devant le point d'exclamation!